Recherche des épisodes de pollution en cours

2017: une année aérienne avec ATMO Grand Est

Montgolfière ATMO grand est
  1. ATMO Grand Est existe depuis un an maintenant. Une année riche pour notre association et le domaine de la qualité de l’air en général. Episodes de pollutions, petits changements et grands bouleversements : le tour d’horizon de ce qu’il faut retenir.

  2.  

  3. 1. La naissance d’ATMO Grand Est

Fusion

 

Le 1er janvier 2017, les Associations Agrées de Surveillance d’Alsace, de Champagne-Ardenne et de Lorraine fusionnaient pour donner naissance à ATMO Grand Est. 

Un an après, notre organisme a parcouru un long chemin : il a réalisé pour le Grand Est le premier inventaire des polluants de l'air, des gaz à effets de serre et de l’énergie pour tous les territoires qui bénéficient ainsi des chiffres clés de l’air, du climat et de l’énergie.

 

ATMO Grand Est a également publié un premier bilan de la qualité de l’air pour l’ensemble de la région.

 

Ce bilan permet de dresser un portrait très précis des territoires au point de la qualité de l’air respirée par les habitants mais également des impacts sur l’atmosphère : émissions et concentrations de polluants réglementés, exposition aux pollens, consommations d’énergie, rejets de gaz à effet de serre, tous les grands sujets sont abordés en détail.
 

Il nous apprend ainsi qu’en 2016, la qualité de l’air a été qualifiée de bonne à très bonne en moyenne 72 % du temps. Quelques épisodes de pollution à l’ozone et aux particules PM10 ont toutefois eu lieu, mais avec une fréquence et une intensité plus faibles qu’au cours de l’année 2015. Des dépassements de normes sont toujours observés en situation de proximité trafic pour le dioxyde d’azote, en proximité industrielle pour le benzène et le benzo(a) pyrène, et en situation de fond pour l’ozone.

 

  1. 2. New Dehli asphyxiée

Au mois de novembre 2017, la capitale de l’Inde a connu un épisode de pollutions aux particules particulièrement brutal. La chute des températures et l’arrivée du brouillard ont en effet emprisonné les poussières et les gaz d’échappement, formant un véritable nuage toxique. A tel point que les autorités ont décidé la fermeture des écoles.

 

Les concentrations de particules fines ont régulièrement dépassé les 1000 µg/m3. Pour mémoire, le seuil journalier est fixé en Europe à 50 µg/m3. Pour la première fois, les chantiers de la ville ont été fermés, les camions interdits de traverser la capitale et le prix des parkings multiplié par quatre pour inciter les habitants à délaisser leurs voitures.

 

Cette cité de 17 millions d’habitants compte quelques 9 millions de véhicules à moteur.

 

  1. 3. LEs EPISODES DE pollution atmosphérique en 2017

La région Grand Est a connu six épisodes de pollution au cours de l’année 2017. 

 

Episode 1 / du 21 au 30 janvier : épisode de pollution aux particules PM10

Départements concernés : Meurthe-et-Moselle et Moselle.

Cet épisode de pollution a concerné tous les départements du Grand Est au plus fort de son intensité entre le 21 et le 24 janvier. Il fut lié aux températures faibles entraînant des émissions supplémentaires liées en particulier aux installations de chauffage. 

 

Episode 2/ du 10 au 16 février : épisode de pollution aux particules PM10

Départements concernés : tout le Grand Est à l’exception de la Meuse

Moins intense que l’épisode du mois de janvier, les niveaux de pollution ont principalement concernée la Marne, les Ardennes et le Bas-Rhin le 11 février, la Moselle, la Meurthe-et-Moselle et les 2 départements alsaciens le 15 février. Il est également lié à des températures faibles associées à une grande stabilité de l’atmosphère limitant la dispersion des polluants.

 

Episode 3/ du 12 au 17 mars : épisode de pollution aux particules PM10

Départements concernés : tout le Grand Est à l’exception de la Meuse

Au cours de cet épisode ce sont principalement les départements de la Champagne-Ardenne qui ont été touchés. Cet épisode est issu d’une contribution combinée des sources routières, de chauffage mais également agricoles.

 

Episode 4/ du 20 au 23 juin 2017 : épisode de pollution à l’ozone

 

Au plus fort de cet épisode lié à la chaleur, le 21 juin, ce sont huit départements qui ont été touchés: Moselle, Bas-Rhin et Haut-Rhin (Procédure d’alerte) / Ardennes, Marne, Meuse, Meurthe-et-Moselle et Haute-Marne. 

Pour mémoire, l’ozone est un polluant secondaire qui apparait suite à l’action combiné du soleil et de la chaleur sur des polluants primaires, en l’occurrence des polluants principalement issus du trafic routier, mais également des sources industrielles et domestiques. Ces épisodes interviennent donc essentiellement en période estivale.

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Episode 5/ le 5 septembre 2017 :  épisode de pollution dioxyde de soufre le 5 septembre 2017

Département concerné : le Haut-Rhin (68)

Cet épisode de pollution de type « Ponctuel » était lié à des émissions issues du redémarrage d'une unité industrielle faisant suite à arrêt pour maintenance. Ce redémarrage a conduit à une moyenne horaire de 1028 µg/m3 enregistrée sur la commune de Vieux-Thann.

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Episode 6/ le 17 novembre 2017 : épisode de pollution aux particules PM10

Départements concernés : la Marne et les Ardennes

Cet épisode de pollution est caractérisé par une multiplicité de sources dans un contexte météorologique très stable : particules issues du transport et du chauffage résidentiel, particules secondaires formées à partir d’ammoniac et d’oxydes d’azote, a été ponctuellement renforcé par les émissions issues d'un important incendie de 2000 tonnes de paille sur la commune d'Auménancourt (51). Cet incendie a contribué à la hausse des niveaux de concentration au Nord-Ouest de la Marne et au Sud-Ouest des Ardennes.

Cet épisode a pris fin le samedi 18 novembre avec l’arrivée de conditions atmosphériques plus propices à la dispersion des polluants

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ATTENTION: les épisodes de pollution correspondent à des concentrations de polluants qui excèdent des seuils réglementaires. Mais c'est bien la pollution chronique qui a les effets les plus importants sur notre santé.

 

  1. 4. Une nouvelle organisation des alertes pollution

Cette année fut aussi celle de l’unification des procédures qui organisent le déclenchement des épisodes de pollution dans la nouvelle grande région.

 

Jusque-là, il existait un arrêté préfectoral dans chaque département qui définissait les conditions de déclenchement des alertes, les mesures envisagées, etc.

 

En 2017, tous les acteurs de l’Etat et leurs partenaires comme ATMO Grand Est se sont mis autour de la table pour aboutir à un nouvel arrêté interpréfectoral unique. Ce dernier reprend notamment les dernières exigences définies au niveau national, qui donnent une place beaucoup plus importante à l’anticipation et déchenchant la procédure d’alerte dès le 2ème jour d’un épisode de pollution. Les épisodes sont désormais déclenchés sur prévisions (et non plus sur constat). Les outils de modélisation et les prévisionnistes d’ATMO Grand Est jouent donc désormais un rôle crucial dans la décision de déclencher ou non un épisode de pollution, par délégation des dix Préfets de département de la région.

 

En complément, l’Eurométropole de Strasbourg est la première agglomération du Grand Est à avoir mis en place avec le soutien de l’Etat une procédure de circulation différenciée sur la base du dispositif CRIT’AIR pour les épisodes de pollution les plus intenses.

 

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  1. 5. Un nouveau président pour ATMO France

Guy Bergé

Le 2 février 2017, ATMO France, l’organisme qui fédère l’ensemble des AASQA en France, a élu son nouveau Président, et ce pour un mandat de trois ans.

 

C’est M. Guy Bergé qui a été choisi pour succéder à M. Bernard Garnier.

 

Vice-Président de Metz Métropole en charge de l’environnement et du développement durable et maire de Jussy (Moselle), M. Guy Bergé était encore jusqu’à il y a quelques mois le Président d’Air Lorraine, l’une des trois AASQA qui a fusionné avec l’ASPA et ATMO Champagne-Ardenne pour constituer ATMO Grand Est.

 

  1. 6. Les émissions de CO2 repartent à la haussE

Après trois années de stabilité, les émissions mondiales de gaz à effet de serre issu des énergies fossiles sont reparties à la hausse en 2017.  

 

Ainsi, dans son 12e bilan annuel, le Global Carbon Project a indiqué que les émissions de CO2 liées à l'industrie et à la combustion d'énergies fossiles devraient croître de 2 % en 2017 par rapport à 2016 (entre 0,8 % et 2,9 %) et atteindre un record de 36,8 milliards de tonnes, après des années 2014 à 2016 quasiment stables.  

 

Selon ce bilan, cet accroissement devrait encore se poursuivre en 2018, ce qui fait peser une lourde hypothèque sur le respect des objectifs de l’Accord de Paris.

En cause : la Chine, qui génère 28% des GES et a connu un fort accroissement de sa production industrielle et une production hydro-électrique diminuée par des épisodes de sécheresse ; l’Inde également qui voit ses émissions croitre ; l’Europe et les USA dont les émissions baissent moins vite que prévus .

Pour ce qui concerne notre région, ATMO Grand Est relève une baisse globale d’environ 30 % des GES sur la période 2005-2014, avec toutefois de fortes disparités entre les secteurs. Ainsi, la branche de l’énergie (-35 %), l’industrie (-47 %) et le résidentiel-tertiaire (-35 %) ont fortement diminué. A contrario, les secteurs de l’agriculture (-3%) et du transport routier (-7%) sont restés relativement stables avec une tendance à la baisse très modérée.

Pour une perception justifiée de cause collective.

 

Pour ce qui concerne notre région, ATMO Grand Est relève une baisse globale de 21 % des GES sur la période 2010-2014, avec toutefois de fortes disparités entre les secteurs. Ainsi, la branche de l’énergie (-44 %), l’industrie (-23 %) et le résidentiel-tertiaire (-31 %) ont fortement diminué. A contrario, les secteurs de l’agriculture (-2%) et du transport routier (-3%) sont restés relativement stables avec une tendance à la baisse très modérée.

 

ATMO Grand Est publiera son bilan des émissions de GES pour les années 2015 et 2016 au courant du mois de janvier 2018.

  1. 7. ATMO Grand Est fournit les chiffres clefs de l’air, de l’énergie et du climat à vos collectivités

chiffres clefs

ATMO Grand Est couvre un territoire très étendu, ouvert sur l’Europe, et qui se caractérise par une grande variété des situations locales. Elle s’est néanmoins choisie quatre grandes valeurs pour fixer le cap de son action : l’expertise, l’impartialité, la transparence et la proximité.

ATMO Grand Est reste donc au service de ses partenaires au plus près du terrain et en particulier dans le cadre de l’Observatoire Climat Air Energie dont elle est l’animateur et l’opérateur principal. Celui-ci est né d’un travail collaboratif entre la Région, l’ADEME, la DREAL qui assurent la gouvernance des politiques de transition énergétique sur le Grand Est. Il a pour but de fournir des éléments d’analyse et d’aide à la décision aux différents acteurs du territoire régional.

Ainsi, ATMO Grand Est met à la disposition de toutes les collectivités les données relatives à l’air, au climat et à l’énergie. Ces dernières permettent notamment d’alimenter les diagnostics des Plans Climat Air Energie Territoriaux (PCAET) afin que les collectivités puissent concentrer leurs efforts sur les plans d’action indispensables à la reconquête d’un air et d’une atmosphère de qualité.

Ces chiffres clefs mis à disposition des collectivités constituent de véritables bilans territoriaux qui permettent de mieux comprendre comment fonctionne un territoire, sur quels leviers jouer pour améliorer sa situation énergétique, reconquérir la qualité de l’air qu’on y respire, remplir les engagements environnementaux pris au niveau local, national et européen.

 

Les chiffres clefs par départements sont disponibles dans notre publithèque.

  1. 8. Un nouveau ministère en charge de l’Environnement

Le 17 mai 2017, suite à la nomination du nouveau gouvernement, M. Nicolas Hulot est devenu ministre de la Transition Ecologique et Solidaire.

 

RAPPEL 

Ce ministère a notamment modifié la prime à la casse qui doit accélérer la disparition des véhicules les plus polluants. Ainsi, à partir du 1er janvier 2018 :

> la prime à la casse qui était réservée aux propriétaires désireux de se défaire d’un véhicule diesel d’avant 2001, s'appliquera également aux véhicules essence d’avant 1997 ;
> Cette prime sera accordée même dans le cadre d’un achat de véhicule d’occasion, à condition que celui-ci corresponde au catégorie Crit’Air 0, 1 ou 2 (véhicule essence immatriculé à partir du 1er janvier 2007 ou un véhicule diesel immatriculé à partir du 1er janvier 2011) ;
>La prime concernera désormais tous les ménages, imposables ou non, alors qu’elle était jusqu’alors réservée aux foyers non imposables.

 

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9. L’impact sanitaire de la pollution de l’air chiffré à 6,65 millions de morts

 

Depuis quelques années, les études scientifiques se succèdent qui montrent à quel point la pollution atmosphérique affecte notre environnement, notre planète, mais également notre santé.

En octobre 2017, l’Agence Européenne de l’Environnement publiait un rapport qui faisait état de 520 400 morts prématurées résultant de la pollution de l’air en Europe en 2014.
Elle y précisait que les particules fines continuent de provoquer le décès de plus de 400 000 Européens chaque année.

Ces chiffres confortent les résultats déjà publiés en 2016 par Santé Publique France, évaluant à 48000 le nombre annuel de décès anticipés en France liés à la pollution de l’air.


Au niveau des Etats, c’est l’Allemagne qui affiche le chiffre le plus élevé, avec 81 160 décès, mais il s’agit aussi du pays le plus peuplé. Viennent ensuite l’Italie (79 820) et le Royaume-Uni (52 240). La France (45 840) arrive au cinquième rang derrière la Pologne (48 690), pays de l’UE le plus durement touché compte tenu du nombre d’habitants.
 

Le 20 octobre, c’est la fameuse revu médicale "The Lancet" qui publiait à son tour une étude selon laquelle  la pollution atmosphérique est responsable de 6,5 millions de décès prématurés dans le monde.

Les pays les plus pauvres sont les plus exposés. Et l’étude précise que dans les pays où l’industrialisation se fait à marche forcée (Inde, Pakistan, Chine, Bangladesh, Madagascar et Kenya), la pollution peut être  responsable de plus d’un quart de tous les décès.

  1. 10. Les collectivités se préparent à la surveillance obligatoire de l’air intérieur

Air intérieur

 

La loi portant engagement national sur l’environnement a rendu obligatoire la surveillance de la qualité de l’air dans certains établissements recevant un public sensible.

Ainsi, cette obligation s’applique dès le 1er janvier 2018 aux crèches, écoles maternelles et écoles élémentaires.

 

La réglementation qui encadre cette surveillance obligatoire comporte deux contraintes :

  • >Une évaluation des moyens d’aération ;
  • >La mise en œuvre d’un programme d’actions de prévention (au choix : une auto-évaluation de la qualité de l’air à l’aide du guide pratique pour une meilleure qualité de l’air ou une campagne de mesures des polluants par un organisme accrédité COFRAC).

Pour faire face à ces nouveaux besoins, ATMO Grand Est a mis en place tout au long de cette année 2017 une offre de services destinée aux collectivités. Forte de ses 20 ans d’expérience au service de la Qualité de l’Air Intérieur, ATMO Grand Est est en mesure de leur proposer dès à présent:

  1. -Des formations et des modules de sensibilisation ;
  2. -Une évaluation des moyens d’aérations ;
  3. -Des campagnes de mesures ;
  4. -Son expertise dans la recherche des sources de pollution.

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