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Bougies et encens : ce que vous respirez quand vous les allumez

Crédits: Unsplash

L’Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Energie publie un rapport sur les polluants émis par les combustibles parfumeurs, avec des résultats qui interrogent nos pratiques.
 

 

 

Dans le cadre du projet EBENE, l’Agence de l’Environnement et de la Maitrise de l’Energie (ADEME) a caractérisé les émissions de neuf bâtons d’encens et de neuf bougies parfumées.

 

Le cas de l'encens

L’utilisation des bâtons d’encens se traduit ainsi par des concentrations élevées en benzène, toluène, éthylbenzène, styrène, formaldéhyde, acétaldéhyde et acroléine.

 

On relève également des concentrations de HAP (Hydrocarbures Aliphatiques Polycycliques) et de particules élevées. Pour les encens, les émissions sont les plus élevées pendant la combustion et pendant l’heure suivant la fin de la combustion avant de diminuer sous l’effet de l’aération. Les encens sont également plus émissifs en particules que les bougies mais présentent des particules plus grosses (de 80 à 190 nm).

 

Le cas des bougies parfumées

Les niveaux de polluants volatils émis par les bougies sont nettement plus faibles que ceux relevés pour les encens et seuls le formaldéhyde, l’acétaldéhyde et le toluène sont mesurés à des niveaux de concentration de plusieurs µg.m-3 .

 

On note cependant une décroissance des émissions de formaldéhyde peu marquée pour les bougies, ce qui suggère une émission secondaire de ce composé après leur extinction. Par ailleurs, les bougies émettent moins de particules que les encens, mais des particules plus fines (diamètre < 100 nm), sauf juste après les avoir éteintes.

On remarque aussi que les bougies émettent significativement plus d’oxydes d’azote que les bâtons d’encens. Enfin une lampe à catalyse a été testée même si ce produit est assez spécifique.

 

Air intérieur, les bons gestes

Nous passons en moyenne 85% de notre temps dans des espaces clos (logements, transports, lieux publics, écoles etc.) et nous sommes ainsi exposés à différents types de polluants présents dans l’atmosphère des environnements clos.

Les problèmes de santé dus à cette pollution sont multiples et recouvrent des manifestations cliniques très diverses, qui, pour la plupart, ne sont pas spécifiques des polluants détectés. Les risques encourus en présence d’une qualité de l’air dégradée sont l’asthme, les allergies respiratoires, l’irritation du nez et des voies respiratoires etc. Certaines substances peuvent également avoir un effet cancérigène.

Quelques conseils pour préserver la qualité de l’air chez soi :

- aérer son logement au moins 10 minutes par jour, particulièrement quand on cuisine, fait le ménage, ou bricole ;
- éviter de fumer dans la maison, surtout en présence d’enfants ou de femmes enceintes ;
- utiliser avec modération les parfums d’intérieur, l’encens et les bougies ;
- stocker les produits de nettoyage dans un local aéré et les utiliser avec parcimonie ;
- veiller au bon fonctionnement des appareils à combustion (chauffe-eau et appareil de cuisson) ;
- éviter l’usage des produits à base de solvants (peinture à l’huile, essence, térébenthine, pesticides et autres). Sinon, manipulez-les avec soin et fermez les contenants hermétiquement. Si vous devez les jeter, faites-le à la déchetterie.

 

En conclusion : ne pas s'alarmer et aérer

L’étude conclut finalement ainsi :

 

> Aucune situation préoccupante n’est attendue pour les expositions chroniques associées aux usages les plus courants.

 

> Certaines pratiques (fréquence et durée d’utilisation élevées, plusieurs produits utilisés simultanément, etc.) et certaines caractéristiques environnementales (volume de la pièce, taux de renouvellement d’air, etc.) peuvent conduire à des expositions chroniques dépassant les valeurs repères usuelles, principalement pour les encens, ce qui suggère un besoin de limiter ce type d’expositions.

 

> Certains désodorisants combustibles ont généré des expositions de court terme dépassant les valeurs sanitaires retenues. Ce résultat suggère un besoin de limiter les émissions des produits les plus émissifs. 

CONSEILs pratiques

Dans ce rapport, l'ADEME plaide pour:

 

-un usage modéré de ces produits;

-une aération postérieur à leur utilisation.

 

Au-delà, il préconise de limiter les émissions des produits les plus émissifs. Selon le rapport, cette limitation pourrait s’appuyer sur la mise en place d’un étiquetage des émissions des désodorisants combustibles et sur la réglementation des produits les plus émissifs.

 

>> Téléchargez le rapport dans son intégralité

 

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