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Cinq idées fausses sur la qualité de l’air

Air (Flickr CC/ Dereck K. Miller)

1. Non, le CO2 n’est pas toxique pour la santé

Le dioxyde de carbone est un polluant dont on entend beaucoup parler, notamment parce qu’il résulte de la combustion des énergies fossiles, tels que le charbon ou le pétrole.

 

Toutefois, ce dernier ne nuit pas directement à notre santé. En effet, le CO2 (dioxyde de carbone) est un gaz à effet de serre, ce qui signifie que son impact est davantage global que local.

 

Pour mémoire, les gaz à effet de serre contenus dans l'atmosphère ont un rôle important dans la régulation du climat. Ils empêchent une large part de l'énergie solaire (les rayonnements infrarouges) d'être renvoyée de la terre vers l'espace. Grâce à eux, la température moyenne sur terre avoisine les 15°c. Sans cela, elle serait de -18°C. Mais les émissions de gaz à effet de serre d’origine anthropiques observées depuis le début de l’ère industrielle ont rompu cet équilibre et entrainé un réchauffement de notre planète.

 

A l’inverse, il existe d’autres gaz qui ont une incidence immédiate sur notre santé sans modifier directement le climat, comme les particules fines (PM2.5 et PM10), les Composés Organiques Volatils ou les oxydes d’azote (NOx).

 

Quand on parle de pollution atmosphérique, il faut donc distinguer les polluants qui ont un effet global sur l’environnement et ceux qui ont un impact de proximité sur les personnes qui les inhalent. Cela étant, le changement climatique a des effets sur notre santé et on pourrait dire de ce fait, que les gaz à effet de serre aussi.

2. Vous n’êtes pas à l’abri des polluants dans votre voiture

Dans la circulation quotidienne, on peut se croire à l’abri dans l’habitacle de sa voiture, d’autant que les véhicules modernes sont équipés de filtre à particules. En réalité, il n’en est rien. Votre habitacle concentre les polluants et ces derniers sont moins dispersés dans un espace clos.

 

Ainsi, en général comme à l’occasion d’un pic de pollution, il reste préférable de prendre son vélo ou de se rendre à son travail à pied. On respire toujours moins d’effluves toxiques à l’air libre qu’au volant.

 

3. L’air froid n’est pas plus sain

Quand les températures chutent, l’air devient vif et l’on pourrait croire que sa qualité s’améliore. En réalité, c’est plutôt l’inverse, notamment quand ce produit ce phénomène bien connu appelé « inversion thermique ».

 

En effet, quand les températures sont basses, le sol refroidit et les masses d'airs s'alourdissent à son contact. Les polluants sont alors plus difficilement dispersés. Leur concentration augmente et on respire alors d’avantage de particules potentiellement nocives pour la santé .

 

S’ajoutent à cela le fonctionnement des moteurs à froid qui émettent plus de polluants et l’emploi massif de chauffage au bois. On le comprend: le froid n'est pas précisément l'ami de la qualité de l'air.

4. Les POLLUANTS éMIS et ceux qu'on retrouve dans l'atmosphère ne sont pas forcément les mêmes

On pourrait penser que polluants émis et polluants mesurés dans l'atmosphère sont les même. Or c'est un peu plus compliqué que cela.

 

En effet, une fois émis les polluants se mêlent dans l’air ambiant. Ils font également l’objet de transformations physico-chimiques.

 

Exemple avec l’ozone qui est un polluant secondaire résultant des effets du rayonnement solaire sur des polluants primaires : les oxydes d’azote, les composés organiques volatils et l’oxygène. Sous l’effet de ce rayonnement, ces polluants se transforment pour former un autre composé nocif pour la santé : l’ozone. Ce gaz est capable de pénétrer profondément dans l’appareil respiratoire. Il provoque, à de fortes concentrations, une inflammation et une hyperactivité bronchique. Des irritations du nez et de la gorge surviennent généralement, accompagnées d’une gêne respiratoire. Des irritations oculaires sont aussi observées.

 

On retrouve un fonctionnement analogue avec les aérosols secondaires. Il s’agit de précurseurs gazeux qui se muent en particules sous l’effet de différents phénomènes : nucléation, condensation, coagulation. Par exemple, des gaz issus de l’industrie, des transports et de l’agriculture deviennent des microparticules comme le nitrate d’ammonium et le sulfate d’ammonium.

 

5. La pollution à l’ozone n’est pas bonne pour la couche d’ozone.

Chaque été pendant les périodes de canicule, on entend parler d’épisodes de pollution à l’ozone. Pour autant les concentrations trop élevées de ce gaz pendant les fortes chaleur (cf point précédent) ne constitue pas une bonne nouvelle pour la couche d’ozone qui, elle, nous protège du rayonnement solaire.

 

En effet, il convient de distinguer l’ozone stratosphérique et l’ozone troposphérique.

 

90% de l'ozone (O3) présent dans l'atmosphère se trouve dans la haute atmosphère (10 à 50 km) ou stratosphère. L'ozone présent à cette altitude est essentiel pour la vie sur terre car il absorbe une grande partie du rayonnement ultra-violet (UV) solaire.

En 1975, les scientifiques ont mis en évidence le fait que les activités humaines pouvaient rompre l'équilibre existant [WMO, 1975].

 

Il a été démontré que l'introduction par l'homme de composés très stables tels que les chlorofluorocarbures, conduisait au phénomène d'appauvrissement en ozone de la stratosphère. A partir des années 1980, l'observation du « trou » d'ozone au-dessus de l'Antarctique au sortir de l'hiver austral ont confirmé cette tendance.

 

La baisse des concentrations d'ozone dans la stratosphère a été fortement ralentie par la mise en œuvre du Protocole de Montréal adopté en 1987 interdisant l'usage des chlorofluorocarbures et leurs remplaçants, reconnus comme substances qui appauvrissent l'ozone (SAO). Cependant, le retour aux niveaux de concentrations en ozone des années 1970 n'est pas attendu avant le milieu du 21e siècle (source CITEPA).

 

L’ozone troposphérique est quant à lui un polluant produit principalement par la transformation, sous l’effet du rayonnement solaire, des oxydes d’azote (NOx) et des Composés Organiques Volatils (COV) émis majoritairement par les activités humaines. Par commodité, il arrive qu’on appelle cet ozone « mauvais ozone ».

 

Cet ozone troposphérique ne rejoint pas la stratosphère à cause d'un effet "inversion thermique" (voir point 3) qui se produit au début de la haute atmosphère, et qu'on nomme la tropopause. 

 

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