Recherche des épisodes de pollution en cours

Comment les incendies polluent l’atmosphère

Les incendies de forêt, tels que ceux qui ont fait rage dans le sud-est, ont de nombreuses incidences sur l'environnement et notamment sur la qualité de l'air.

 

 

Dans une étude réalisée en 2012, l’ANSES a répertorié les principales classes de composés chimiques détectés dans la fumée résultant des incendies de végétation.

Particules fines et monoxyde de carbone, en tête de liste des polluants

Cette étude précise tout d'abord que la composition des fumées varie selon la nature exacte du combustible, sa densité, l’humidité, les conditions de combustion et l’éloignement de la source.

 

On recense quoi qu’il en soit dans ces fumées de très nombreuses substances chimiques incluant le dioxyde de carbone (CO2), le monoxyde de carbone (CO), des composés organiques volatils et semi-volatils, des particules, des oxydes d’azote (NOx), et bien d'autres.

 

Le rapport insiste toutefois sur deux types de polluants, compte tenu de l’importance de leurs émissions et de leurs effets sur la santé :

 

Les particules en suspension

 

Emissions de PM10 pendant un incendie
Etude de l'ANSES

 

- Elles représentent le polluant de l’air le plus "invariablement élevé" par rapport aux seuils réglementaires dans les zones impactées par les fumées ;

- Environ 80% de la masse particulaire sont des particules fines (diamètre < 2,5 µm) dont une majorité sont des particules submicroniques. Ces caractéristiques les rendent facilement transportables sur de longues distances pouvant atteindre plusieurs centaines de kilomètres ;

- Les niveaux atteints dans l’air ambiant à court terme (quelques heures à quelques jours) peuvent être particulièrement élevés (plusieurs dizaines à plusieurs centaines de µg/m3 ) et avoir un impact à l’échelle régionale.

 

Effets sur la santé: 

L’effet de ces particules sur la santé dépend de leur diamètre. En effet, les particules dont le diamètre est supérieur à 10 µm sont arrêtées et éliminées au niveau du nez et des voies respiratoires supérieures. Par contre, elles deviennent plus toxiques pour l’organisme lorsqu’elles ont un diamètre inférieur à 10µm, puisqu’elles peuvent pénétrer plus profondément dans l’appareil respiratoire. Le rôle des particules en suspension a été montré dans certaines atteintes fonctionnelles respiratoires, le déclenchement de crises d’asthme et la hausse du nombre de décès pour cause cardio-vasculaire ou respiratoire, notamment chez les personnes les plus sensibles.

 

Le monoxyde de carbone (CO)

 

Le monoxyde de carbone (CO) est un gaz incolore et inodore. Il est produit par la combustion incomplète de matières organiques et notamment par les incendies de végétation. Les professionnels de lutte contre le feu y sont particulièrement exposés.

Les niveaux les plus élevés sont observés durant les phases de combustion lente, en particulier à proximité du feu.

 

 

Effets sur la santé: 

Le monoxyde de carbone se fixe à la place de l’oxygène sur l’hémoglobine du sang, conduisant à un manque d’oxygénation du système nerveux, du cœur, des vaisseaux sanguins. Une exposition prolongée peut entraîner un coma voire la mort.

 

Des effets sur l'environnement et la santé

Globalement, l'étude de l'ANSES conclut que les polluants composant les fumées des incendies de végétation peuvent se déposer, se distribuer et subir des modifications chimiques au niveau du sol et des plans d’eau. La qualité des nappes phréatiques est donc mise en jeu par ces incendies. 

 

L'impact sanitaire des incendies de forêt est encore mal connu en raison des nombreuses substances chimiques recensées dans la composition des fumées de biomasse. Toutefois, l'étude de l'ANSES indique que "les PM10 des fumées de feux de végétation peuvent être considérées comme au moins aussi toxiques pour la santé respiratoire à court terme que les PM10 de source urbaine. Les populations atteintes de pathologies respiratoires chroniques, dont les asthmatiques, constituent une sous-population particulièrement sensible."

 

De plus, la fumée des feux de végétation peut couvrir de larges zones incluant des agglomérations urbaines fortement peuplées, et même des faibles augmentations de risques sanitaires peuvent avoir un impact important sur la santé publique."

 

 

 

Le réchauffement climatique, facteur aggravant du risque incendie

Infographie sur les incendies

Le changement climatique en cours (hausse des températures, allongement de la période chaude et sèche propice aux incendies, multiplication des événements extrêmes, etc.) est susceptible d’augmenter à la fois la fréquence et l’intensité des incendies. Les projections scientifiques indiquent non seulement que les territoires exposés seront plus vulnérables, mais aussi que l’aire géographique soumise à ce risque s’étendra vers le nord.

Ainsi, les émissions de CO2 qui engendrent le changement climatique favorise indirectement les incendies, qui eux-mêmes provoquent des émissions de polluants. 

Quelques conseils pratiques pour réduire ses émissions de CO2

 

Voir toutes les actualités

Actus récentes