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L'ambroisie, quelle surveillance ?

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ATMO Grand Est

L’ambroisie est une plante invasive dont les pollens ont un fort potentiel allergisant. Elle a été introduite en France au milieu du XIXe siècle, probablement par le biais de cargaison de semences agricoles en provenance des Etats Unis. Elle s’installe sur des terrains nus et inoccupés ou encore dans des milieux ouverts peu ou pas enherbés, tels que les chantiers, les bords de chemins mais également dans les grandes cultures comme les champs de tournesols. Elle envahit surtout les plaines et les régions de basse altitude, poussant très vite et présentant une grande tolérance à la sécheresse. Les graines d’ambroisie peuvent rester viables plus de dix ans dans le sol, ce qui rend la gestion de cette plante très délicate.


Plutôt présente dans le sud-ouest de la France, elle semble désormais progresser vers d’autres régions. Les gels précoces du début de l’automne qui permettaient d’empêcher son extension tendent à disparaître et ce phénomène favorise désormais l’arrivée de l’ambroisie vers les régions plus au nord de la France dont notamment le Grand Est.

 

Depuis quand existe-t-il des bulletins de vigilance ambroisie dans le grand est ?

Les bulletins Ambroisie ont été créés à l’origine pour les sites de la Champagne-Ardenne dans le cadre de la convention d’objectifs passée entre 2014 et 2016 avec l’Agence Régionale de Santé de Champagne-Ardenne. Cette convention a porté sur trois axes de travail dont notamment la surveillance de l’implantation de l’ambroisie sur la Champagne-Ardenne. Dans ce cadre, un site mobile a été implanté sur la ville de Chaumont, qui pouvait constituer une porte d’entrée de l’ambroisie.


En 2016, les quantités de pollens d’ambroisie sur Troyes et Chaumont se sont révélées plus importantes, oscillant entre 60 et 68 grains de pollens comptés contre à peine 5 sur Reims, montrant la nécessité de poursuivre cette surveillance au sud de la Champagne-Ardenne. Des plants d’ambroisie ont par ailleurs été observés le long de l’autoroute reliant Troyes à Chaumont, qui est désormais identifiée par le RNSA comme ville en limite de zone d’infestation. Il convient de préciser que les grains de pollens retrouvés sur Troyes et Chaumont sont majoritairement des grains importés, ces pollens étant très bien adaptés au transport par le vent, ils peuvent provenir d’une zone distante de cinquante à cent kilomètres.

 

Les bulletins de vigilance ambroisie sont désormais étendus aux 7 sites du Grand Est, dans le but de suivre l’évolution du nombre de grains de pollens d’ambroisie année après année : Chaumont, Metz, Mulhouse, Nancy, Reims, Strasbourg, Troyes. Le nombre de grains de pollens d’ambroisie est à l’heure actuelle très faible, puisque depuis 2017, on dénombre par site moins de 40 grains d’ambroisie à l’année en comparaison de certaines régions dans lesquelles on peut capter jusqu’à plus de 1800 grains de pollens d’ambroisie. Cela semble indiquer que la plante n’a pas encore réussi à s’implanter véritablement dans le Grand Est.


Ces bulletins sont édités dès l’apparition du premier grain d’ambroisie vers début juillet et leur édition se poursuit jusqu’à la fin de la saison pollinique, vers fin septembre / mi-octobre.

 

A qui s’adresse les bulletins de vigilance ambroisie ?

Ces bulletins sont à destination du grand public mais également des antennes territoriales de l’Agence Régionale de Santé et de la FREDON, organisme agréé dans la lutte contre les espèces invasives.

 

Bilan 2017 à 2019 : quels sont les points à retenir ?

Les grains de pollens d’ambroisie apparaissent de façon très disparate sur la région. Si les premiers grains d’ambroisie ont été observés dès le 3 juillet 2017 (semaine 27) sur les sites alsaciens, on constate un net recul cette année 2019, avec 2 à 4 semaines de décalage par rapport aux 2 précédentes années. En effet, les premiers pollens d’ambroisie sont arrivés vers le 19 août 2019 sur l’ensemble des sites, à l’exception du capteur de Troyes qui a capté un premier grain semaine 32, soit vers le 5 août 2019.


La veille phénologique réalisée au jardin botanique Jean Marie Pelt indique pour l’année 2019 la floraison de l’ambroisie le 4 juillet, la pollinisation le 18 juillet et la fin de pollinisation le 26 septembre. Les dates des 3 stades de développement de la plante sont très proches de celles observées en 2018.


Il est à noter que les quantités de pollens annuelles sur la saison 2019 sont en nette diminution en comparaison de l’année 2018, se retrouvant pour certains sites au même niveau que les quantités annuelles de 2017. Sur les 3 années, les proportions de pollens d’ambroisie ont représenté entre 0.01% et 0.25% des quantités totales de pollens, démontrant ainsi que ce pollen est à l’heure actuelle très minoritaire dans le Grand Est


Le pollen d’ambroisie peut néanmoins, combiné avec les pollens d’urticacées et de graminées, participer à faire monter le Risque Allergique d’Exposition aux Pollens (RAEP). Ce fût le cas pour les sites de Nancy et Troyes sur la semaine 35 (du 26 août au 1er septembre 2019), pour lesquels le RAEP prévu pour les jours d’après était monté au niveau Faible (niveau 2) quand les autres sites ont enregistré des risques Nul à Très Faible.

 

Evolution du nombre de grains d'ambroisie

 

Pour aller plus loin...

>> Pour en savoir plus sur les pollens et leur surveillance par ATMO Grand Est
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