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Le glyphosate bientôt mesuré dans l’air du Grand Est

Crédit: Unsplash Glenn Carstens-Peters

COMMUNIQUE de PRESSE                                                                                          Schiltigheim, le 29 novembre 2017

 

Une campagne de portée inédite de surveillance des pesticides dans l’air sera initiée en 2018. Elle portera sur 90 substances, et notamment le glyphosate.

 

 

Depuis presque 20 ans maintenant, les Associations Agréées de Surveillance de la Qualité de l’Air (AASQA) collectent des données sur les concentrations de pesticides dans l’air ambiant. ATMO Grand Est, joue un rôle pionnier en la matière, du fait de son expertise notamment sur l’ancienne région Champagne-Ardenne.

 

Une campagne exploratoire de surveillance des pesticides sans précédent

« Pendant longtemps, explique Emmanuelle Drab-Sommesous (Directrice déléguée d’ATMO Grand Est), l’air était jugé comme une voie de contamination en pesticides négligeable au regard de celle liée aux aliments ou à l’eau. En Champagne-Ardenne, comme en région Centre ou Poitou-Charentes, des AASQA avaient engagé des premières mesures dès 2001, reconduites par la suite chaque année. Des suivis exploratoires avaient par la suite été mis en œuvre sur les territoires alsaciens et lorrains en lien avec le monde agricole. Nous assistons aujourd’hui à une réelle prise en compte de cette problématique au niveau national alimentée par les données des AASQA, seules à avoir initiées et suivies les concentrations de ces substances dans l’air. »

 

Les étapes d'une prise de conscience

> ANSES, Recommandations et perspectives pour une surveillance nationale de la contamination de l’air par les pesticides, octobre 2010

> Rapport de Dominique POTIER, député de Meurthe-et-Moselle, AU PREMIER MINISTRE MANUEL VALLS, Pesticides et agro-écologie, LES CHAMPS DU POSSIBLE-Novembre 2014

> Avis ANSES, Proposition de modalités pour une surveillance des pesticides dans l’air ambiant, Septembre 2017

 

En effet, un accord-cadre et une convention ont été signés entre ATMO France (qui fédère toutes les AASQA françaises), le ministère de la Transition Ecologique et Solidaire, via l’INERIS et l’ANSES. Ils prévoient notamment une campagne exploratoire nationale de surveillance des pesticides dès 2018. Il s’agit d’une première au niveau national.

 

Cette campagne sera menée par les AASQA dans tout le pays. Un protocole est actuellement élaboré par les AASQA et l’INERIS pour assurer la cohérence nationale et la consolidation scientifique de ce travail.

 

Elle concernera près de 90 substances prioritaires identifiées en fonction de leur présence avérée dans l’air et de leur potentiel danger, en France métropolitaine comme dans les régions d'outre-mer de Guadeloupe, Guyane, Martinique, Mayotte et de la Réunion.

 

Evaluer l’exposition moyenne des populations

Les campagnes de mesures réalisées par le passé par ATMO Grand Est avaient également permis de mettre en évidence la présence de pesticides dans l’air près des zones agricoles comme dans les villes, et de poser la question de l’exposition par la voie aérienne des professionnels agricoles mais également des riverains.

 

Dans un rapport récent, la Cour des Comptes avait ainsi pu recommander à l’État de « rendre obligatoire la surveillance par les AASQA de la présence dans l’air des pesticides les plus nocifs ».

 

L’objectif de cette campagne exploratoire nationale est d'évaluer l'exposition moyenne de la population à cette pollution de fond mais aussi d'identifier d’éventuelles situations de surexposition (professionnels, riverains, etc.) et à terme de faire la part des choses entre les différentes expositions (air, eau, alimentation, contact) pour chacune des substances.

 

Le lancement de cette campagne nationale s'inscrit dans le cadre de l'arrêté du 10 mai 2017 établissant le plan national de réduction des émissions de polluants atmosphériques (PREPA) pour la période 2017-2021 qui prévoit d'évaluer et de réduire la présence des pesticides dans l'air.

 

Le retour d'expérience de cette campagne exploratoire devrait permettre de définir une stratégie nationale de surveillance en la matière.

Glyphosate dans l’air : des premières mesures seront effectuées dans le Grand Est

Le Glyphosate est une molécule utilisée dans les marques principales de produits phytosanitaires pour l’agriculture, les espaces verts et le jardinage. De tous les pesticides, elle est à l’heure actuelle la molécule la plus utilisée en France. 8000 tonnes de ce pesticide sont répandues chaque année en France. Considérée comme cancérogène par nombre d’études scientifique, elle a vu sa licence d’exploitation reconduite par la Commission Européenne pour 5 ans le 27 novembre 2017. Elle a été intégrée parmi les pesticides qui feront l’objet d’un suivi.

 

« Cette substance présente des propriétés physico-chimiques, qui rendent complexe sa détection dans l’air. A ce titre, les quelques études menées jusqu’à présent sur deux territoires dans le nord et le sud de la France avaient vocation à conduire des premiers tests métrologiques, explique Emmanuelle Drab Sommesous, qui est avec son homologue de la région Centre Val de Loire, référente technique nationale "Pesticides" auprès d’ATMO France. Cette campagne exploratoire nationale sera l’opportunité de consolider ces protocoles et de suivre pour la première fois, cette substance sur le Grand Est.»

 

Le financement de la campagne

Cette campagne dispose principalement de financements issus de la fiscalité sur les pesticides et assurés majoritairement par l’ANSES et pour une part également par les AASQA à travers les crédits annuels accordés par le  Ministère de la transition écologique et solidaire voire sur fonds propres.

 

Une campagne inscrite dans un dispositif plus large

L’ANSES pilote par ailleurs un dispositif de phytopharmocovigilance (PPV), dont les AASQA sont membres et qui vise à mieux connaître et évaluer les effets indésirables des pesticides sur la santé et les écosystèmes notamment suite à leur autorisation de mise sur le marché

 

La PPV repose sur la collecte et l’analyse de données provenant de trois types de sources :

• un réseau de surveillance, c’est-à-dire de recueil systématique, structuré et pérenne de données par des organismes partenaires participant à la PPV,

• la réalisation d’études ponctuelles afin de produire des connaissances manquantes,

• le signalement spontané à l’Anses par les producteurs et utilisateurs de pesticides de toute information relative à un incident, accident, effet indésirable d’un pesticide.

 

« Nous nous félicitons de ce partenariat avec les acteurs nationaux et de la prise en compte des pesticides dans l’air, indique Emmanuelle Drab Sommesous. Celui-ci permettra à l’ensemble de la communauté scientifique de mieux comprendre et appréhender l’impact de ces substances, dont on connait la complexité en s’appuyant sur des dispositifs déjà opérationnels, constitué par les AASQA ».

 

 

En résumé

>> Quoi : 90 substances concernées (liste)

>> Où : une cinquantaine de points de mesure en France métropolitaine et Outre Mer

>> Quand : dès le printemps 2018

 

 

Contact :

Emmanuelle DRAB-SOMMESOUS

Directrice Déléguée

Emmanuelle.drab-sommesous@atmo-grandest.eu

03.26.04.97.52 / 06.14.01.51.65

www.atmo-grandest.eu

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