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Impact COVID-19

La période de confinement liée à l’épidémie de coronavirus que nous connaissons actuellement a engendré une forte réduction des déplacements. Quelles sont donc les conséquences de cette situation inédite sur la qualité de l’air ? L'impact sur la pollution est-il positif ? L'indice de la qualité de l'air est-il bon ?

ATMO Grand Est vous répond.

 

Interview de Jean-Pierre Schmitt, Directeur Général Adjoint d'ATMO Grand Est :

1) EST-CE QU’ON RESPIRE MIEUX DANS LE GRAND EST DEPUIS LE CONFINEMENT ?

En effet depuis le début du confinement la qualité de l’air s’est nettement améliorée. Pourquoi ? Car la diminution du trafic routier est de l’ordre de plus de 70%. Les oxydes d’azote, émis par la moitié des véhicules et dont l’impact est néfaste à la fois sur la santé des populations et sur l’environnement, ont chuté ces derniers jours, rendant la qualité de l’air meilleure.

Impact sur la qualité de l’air de la baisse de trafic liée au confinement COVID-19 sur l'agglomération de Reims
Impact sur la qualité de l'air de la réduction du trafic liée à la gestion COVID-19 sur l'agglomération de Reims

 

Eurométropole de Strasbourg Mulhouse Alsace Agglomération Agglomération de Nancy

 

ZAG Metz-Thionville Troyes

 

>> Consulter notre animation cartographique sur l'évolution de la pollution avec la mise en place du confinement

2) QUE NOUS DISENT LES INDICES DE QUALITÉ DE L’AIR DURANT CETTE PÉRIODE INÉDITE ?

On remarque que l’indice de la qualité de l’air est bon actuellement. Cela est dû à la fois à la diminution de la circulation, donc une diminution de la pollution, mais aussi à une météo favorable avec un vent d’Est qui permet de disperser les polluants.

3) EN CE QUI CONCERNE LES POPULATIONS EXPOSÉES À LA POLLUTION EST-CE QU’ON PEUT S’ATTENDRE À UNE AMÉLIORATION ?

Dans les agglomérations, plusieurs centaines de personnes sont en effet régulièrement exposées à des dépassements de valeurs limites réglementaires en ce qui concerne les oxydes d’azote qui sont émis à plus de 50% par le trafic routier. On imagine bien que lorsqu’on diminue si fortement le trafic routier on va alors diminuer l’exposition de la population. Et c’est actuellement ce qui est en train de se passer : le niveau d’exposition de la population diminue fortement puisque le trafic routier lui-même diminue. L'exposition de la majorité de la population des grandes agglomérations au dioxyde d'azote baisse de 10 à 25% (quantification réalisée sur la première journée de mise en oeuvre du confinement), et dépasse les 25% à proximité des grands axes routiers.

4) EN PÉRIODE DE CONFINEMENT NOUS PASSONS ENCORE PLUS DE TEMPS À LA MAISON, QUELS SONT DONC LES BONS GESTES À ADOPTER POUR GARDER SON AIR INTÉRIEUR SAIN ?

Il est important de renouveler l’air de son logement en créant un courant d’air pendant une dizaine de minutes chaque jour. Le mieux est de le faire tôt le matin et tard le soir pour éviter que les pollens allergisants qu’il y a dans l’air en ce moment ne viennent se déposer dans son habitation.  

Lorsqu’on est confiné chez soi, on peut avoir envie de faire du bricolage ou des activités manuelles. Mais dans ce cas, attention à ne pas utiliser des produits nocifs dégageant des polluants qui risqueraient de polluer le logement. Le mieux est de privilégier des produits naturels. Si l’on utilise de la peinture ou d’autres produits qui émettent des composés organiques volatiles, il faudra veiller à bien aérer pendant la durée de cette activité et après également.  

Pour maintenir un bon air dans sa chambre, il vaudra mieux limiter l’accès des chambres aux animaux domestiques car ils peuvent être porteurs d’allergènes. 

Enfin, comme il fait encore un peu froid et qu’on continue à chauffer son habitation, il est important de veiller à ce que les appareils de chauffage soient bien entretenus pour éviter notamment la pollution par le monoxyde de carbone car ce gaz peut être mortel.  

En adoptant ces quelques gestes, vous protégerez ainsi l'air de votre logement.

5) ET POUR LES PERSONNES ALLERGIQUES ET ASTHMATIQUES, QU'EN EST-IL ?

Interview du Docteur Kanny, allergologue à Nancy.

 

La Fédération française d’allergologie a souligné qu'il est indispensable pour les patients asthmatiques de continuer à se traiter pour que leur maladie soit contrôlée.

Les mois de mars et avril sont particulièrement propices au développement de rhinite, conjonctivite et asthme chez les patients allergiques en raison de l’arrivée des pollens d’arbres au nord et au sud de la France.

Il faut savoir que les allergies aux pollens peuvent provoquer de la toux et des sifflements, des symptômes qui peuvent être confondus avec ceux du COVID-19. C’est pourquoi, en cas de survenue de problèmes respiratoires chez les personnes qui se savent allergiques, la Fédération française d’allergologie appelle les patients à bien évaluer la nature des symptômes ressentis et à ne penser au COVID-19 que si ces derniers sont différents de ceux habituellement ressentis. Certains sujets allergiques ignorent qu’ils le sont, il convient donc par mesure de précaution d’adopter quelques bons gestes.

 

>> Comprendre ce qu'est la pollution atmosphérique

>> Comprendre l'effet des polluants sur notre santé

>> Les bons gestes à adopter pour une bonne qualité de son air intérieur 

>> Allergies aux pollens, que faire ?

>> Je prends soin de l'air de mon logement, d'autant plus pendant le confinement

>> Point d'information sur les interactions entre COVID-19 et qualité de l'air

>> Dossier de presse - Evolution de la qualité de l’air entre le 16 avril et le 20 avril 2020 sur le Grand Est - Bilan des 6 semaines de confinement

>> Mise à jour au 11/05 de "Dossier de presse- Evolution de la qualité de l’air entre le 16 avril et le 20 avril 2020 sur le Grand Est - Bilan des 6 semaines de confinement"