Fix’N Alsace : vers une meilleure maîtrise des pertes d’ammoniac

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Publié le 28 octobre 2026

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Comment limiter les pertes d’azote lors des épandages agricoles et améliorer la qualité de l’air ? C’est tout l’enjeu du projet Fix’N Alsace, mené dans le cadre de l’appel à projets AgriQAir de l’ADEME. Entre 2024 et 2026, ATMO Grand Est a réalisé des mesures d’ammoniac directement au champ afin d’évaluer l’influence des pratiques agricoles sur les concentrations de ce polluant dans l’air.

Les résultats de ces expérimentations seront présentés lors d’une journée technique organisée le jeudi 11 mars 2027 à Mittelhausen (Bas-Rhin), conjointement avec ceux du projet REAC’AIR

L’ammoniac, un enjeu pour l’agriculture et la qualité de l’air

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L’ammoniac (NH₃) est un gaz principalement émis par les activités agricoles, notamment lors des épandages d’engrais azotés et d’effluents d’élevage. Dans le Grand Est, l’agriculture représentait plus de 90 % des émissions d’ammoniac en 2024.

Une fois dans l’atmosphère, ce gaz peut réagir avec d’autres composés et contribuer à la formation de particules fines, dont les effets sur la santé sont connus. Ce phénomène joue notamment un rôle dans les épisodes de pollution particulaire observés au printemps dans le Bas-Rhin.

Réduire les émissions d’ammoniac constitue donc un double enjeu : préserver la qualité de l’air et limiter les pertes d’azote pour les exploitations agricoles.

Fix’N Alsace : expérimenter des solutions pour réduire les pertes d’azote

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Déployé principalement sur le territoire de l’Eurométropole de Strasbourg et ses environs, le projet Fix’N Alsace vise à identifier et évaluer des pratiques permettant de limiter la volatilisation de l’ammoniac lors de la fertilisation des cultures.

Le projet s’articule autour de trois actions complémentaires :

  • Recenser les engrais azotés de synthèse et les produits fixateurs d’azote disponibles pour les effluents d’élevage bovin.

  • Réaliser des expérimentations au champ afin de comparer différentes pratiques d’épandage, différents fertilisants et deux méthodes de mesure de l’ammoniac.

  • Élaborer des supports de sensibilisation et des conseils adaptés aux agriculteurs pour favoriser l'adoption de pratiques limitant les émissions.

Trois années de mesures directement au champ

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De 2024 à 2026, plusieurs campagnes de mesures ont été conduites sur des parcelles agricoles situées à proximité de Strasbourg :

  • 2024, à Mittelhausen : premières expérimentations sur l’épandage de fumier.

  • 2025, à Eckwersheim et La Wantzenau : études consacrées aux épandages de lisier et d’engrais minéraux.

  • 2026, à Mittelhausen et La Wantzenau : poursuite des expérimentations sur le lisier et les engrais.

Pour suivre l’évolution des concentrations d’ammoniac après les épandages, ATMO Grand Est a installé des capteurs passifs sur les parcelles étudiées. Ces dispositifs ont permis de mesurer les concentrations à différents intervalles, depuis les premières heures suivant l’application jusqu’à sept jours après l’épandage.

Quels enseignements retenir des mesures ?

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Les expérimentations ont permis de mettre en évidence plusieurs résultats importants.

Les premières heures après l’épandage sont déterminantes. Les concentrations d’ammoniac les plus élevées sont généralement observées dans les quatre premières heures suivant l’application. Elles diminuent ensuite progressivement pour atteindre des niveaux faibles et relativement homogènes au bout d’une semaine.

Les conditions météorologiques influencent fortement les émissions. Les mesures montrent notamment que les précipitations peuvent atténuer significativement la volatilisation de l’ammoniac.

La technique d’épandage joue un rôle majeur. Lors des essais sur lisier, l’utilisation d’un système d’injection dans le sol de type Vredo a permis de réduire la volatilisation ammoniacale d’un facteur 2 à 3 par rapport à un épandage avec rampe à pendillards. En limitant le contact du lisier avec l’air, l’injection contribue à conserver davantage d’azote dans le sol.

L’efficacité des produits dépend également de leur mode d’application. Les essais réalisés avec un lisier traité au fixateur Microferm ont montré des émissions d’ammoniac plus importantes lors d’un épandage en surface. En revanche, l’injection de ce même lisier dans le sol a permis d’atténuer sa volatilisation.

Tous les engrais minéraux ne présentent pas le même comportement. Les mesures ont mis en évidence des émissions d’ammoniac plus importantes avec l’urée à 46 % qu’avec les engrais Alzon Néo et Nexen, qui contiennent des additifs destinés à limiter les pertes ammoniacales.

Ces résultats soulignent l’importance de combiner le choix des fertilisants, les techniques d’application et la prise en compte des conditions météorologiques pour limiter les pertes d’azote vers l’atmosphère.

Rendez-vous le 11 mars 2027 pour découvrir les résultats de Fix’N Alsace et REAC’AIR

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Les enseignements du projet Fix’N Alsace seront présentés conjointement avec ceux du projet REAC’AIR, qui poursuit un objectif commun : évaluer l’impact des changements de pratiques agricoles sur la qualité de l’air.

Une journée technique consacrée à la réduction des pertes azotées, aux pratiques d’épandage et aux mesures de l’ammoniac volatilisé au champ se tiendra :

Jeudi 11 mars 2027, à Mittelhausen (67)

  • Le matin : à L’Étoile Restaurant.

  • L’après-midi : au GAEC des 4 Ponts.

Cette rencontre sera l’occasion de partager les résultats des expérimentations et d’échanger autour des leviers permettant de concilier performance agronomique et préservation de la qualité de l’air.

 

Fix'N Alsace