Les expérimentations ont permis de mettre en évidence plusieurs résultats importants.
Les premières heures après l’épandage sont déterminantes. Les concentrations d’ammoniac les plus élevées sont généralement observées dans les quatre premières heures suivant l’application. Elles diminuent ensuite progressivement pour atteindre des niveaux faibles et relativement homogènes au bout d’une semaine.
Les conditions météorologiques influencent fortement les émissions. Les mesures montrent notamment que les précipitations peuvent atténuer significativement la volatilisation de l’ammoniac.
La technique d’épandage joue un rôle majeur. Lors des essais sur lisier, l’utilisation d’un système d’injection dans le sol de type Vredo a permis de réduire la volatilisation ammoniacale d’un facteur 2 à 3 par rapport à un épandage avec rampe à pendillards. En limitant le contact du lisier avec l’air, l’injection contribue à conserver davantage d’azote dans le sol.
L’efficacité des produits dépend également de leur mode d’application. Les essais réalisés avec un lisier traité au fixateur Microferm ont montré des émissions d’ammoniac plus importantes lors d’un épandage en surface. En revanche, l’injection de ce même lisier dans le sol a permis d’atténuer sa volatilisation.
Tous les engrais minéraux ne présentent pas le même comportement. Les mesures ont mis en évidence des émissions d’ammoniac plus importantes avec l’urée à 46 % qu’avec les engrais Alzon Néo et Nexen, qui contiennent des additifs destinés à limiter les pertes ammoniacales.
Ces résultats soulignent l’importance de combiner le choix des fertilisants, les techniques d’application et la prise en compte des conditions météorologiques pour limiter les pertes d’azote vers l’atmosphère.