Une étude de terrain en conditions réelles d’usage
Deux campagnes de mesures ont été menées en 2023 et 2024, en été et en hiver, à Châlons-en-Champagne. Les concentrations de nombreux polluants atmosphériques ont été analysées à proximité immédiate de bus roulant exclusivement au biodiesel B100, puis comparées à celles mesurées sur un axe routier urbain classique. Particules fines et ultrafines, oxydes d’azote, aldéhydes, composés organiques volatils (COV) et hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP) ont ainsi été étudiés.
Des niveaux globalement faibles malgré une forte exposition
Les résultats montrent que, même dans des conditions favorisant la détection des émissions (site confiné, proximité directe des bus), peu de composés présentent des concentrations mesurables ou significativement différentes de celles observées sur le site de trafic routier. Cela suggère que l’usage du biodiesel B100 n’entraîne pas, en air ambiant, l’apparition marquée de nouveaux polluants par rapport aux carburants conventionnels.
Des indicateurs à surveiller pour l’avenir
L’étude met néanmoins en évidence certains signaux d’intérêt, comme des variations du ratio toluène/benzène ou la détection plus fréquente de quelques COV et HAP sur le site B100. Ces éléments pourraient constituer des pistes de suivi dans un contexte de développement des biocarburants, sans permettre à ce stade de conclure à une signature spécifique du B100.
Une première étape pour adapter la surveillance de l’air
Ce travail s’inscrit dans une démarche prospective d’ATMO Grand Est pour accompagner la transition énergétique et l’évolution du parc de véhicules. Des études complémentaires, notamment par des mesures directement à l’échappement des véhicules, seront nécessaires pour mieux caractériser les émissions propres au biodiesel B100.